Les frais de notaire pour un achat immobilier représentent 7 à 8 % du prix dans l'ancien, contre 2 à 3 % seulement dans le neuf. Sur un bien à 250 000 €, l'écart dépasse 12 000 € entre les deux régimes. Ces frais restent intégralement à la charge de l'acheteur, sauf clause contractuelle rare (vente acte en main). Depuis le 1er avril 2025 et jusqu'au 31 mars 2028, la loi de finances 2025 autorise les départements à relever le plafond des droits de mutation, une mesure temporaire qui modifie déjà le calcul pour la majorité des acheteurs et crée un avantage fiscal spécifique pour les primo-accédants.
Ce que comprennent réellement les frais de notaire
L'appellation "frais de notaire" prête à confusion : sur la somme versée à la signature, moins de 15 % revient réellement au notaire. Le reste finance l'État et les collectivités locales via les droits de mutation. Trois postes composent la facture.
Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) forment le poste le plus lourd. Jusqu'au 31 mars 2025, le taux total atteignait 5,80 % dans l'ancien (5,09 % pour le département, 0,71 % pour la commune). L'article 116 de la loi de finances pour 2025, consultable sur Légifrance, autorise les départements à porter leur part de 4,5 % à 5 %, ce qui porte le total à 6,30-6,40 % là où la hausse a été votée.
Cette autorisation ne concerne que les ventes signées entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028 : sauf reconduction par une future loi de finances, le taux redescendra ensuite à son niveau d'origine. En 2026, 88 départements sur 101, soit environ trois sur quatre, appliquent ce taux majoré ; les autres restent au taux plancher de 5,80 %. Renseignez-vous sur le taux voté par le département concerné avant de signer, l'écart pèse plusieurs centaines d'euros sur une transaction moyenne.
Les émoluments du notaire obéissent à un barème dégressif fixé par décret : 3,870 % jusqu'à 6 500 €, 1,596 % de 6 500 à 17 000 €, 1,064 % de 17 000 à 60 000 €, puis 0,799 % au-delà. Ce tarif réglementé, détaillé par l'administration fiscale sur impots.gouv.fr, reste identique chez tous les notaires de France ; seule une remise négociée sur les tranches hautes peut le faire varier. Les débours complètent l'ensemble : ils couvrent les frais réels engagés pour le compte de l'acheteur (extrait cadastral, état hypothécaire, géomètre le cas échéant) et représentent en moyenne 800 à 1 200 €.

Primo-accédants : un avantage fiscal à ne pas négliger
La loi de finances 2025 introduit une exonération partielle des DMTO pour les primo-accédants qui achètent leur résidence principale, sous condition de ne pas avoir été propriétaire au cours des deux dernières années. Certains départements maintiennent le taux réduit historique de 5,80 % pour ces acheteurs, même dans les zones ayant voté la hausse à 5 %, ce qui neutralise une partie du surcoût sur un premier achat. Le simulateur officiel de service-public.gouv.fr permet de vérifier le taux de droits de mutation applicable à l'acheteur selon le département et la nature du bien.
Ce dispositif se combine avec le prêt à taux zéro (PTZ), réservé lui aussi aux primo-accédants sous conditions de ressources et de zone géographique. L'addition des deux avantages pèse lourd dans le budget : sur un achat à 200 000 €, le différentiel entre taux majoré et taux réduit dépasse 1 000 €. Confirmez auprès du notaire ou de la mairie si le département où vous achetez applique cette exonération, les règles varient d'un territoire à l'autre.
Scénarios chiffrés selon le prix d’achat
Le montant exact des frais dépend du prix, du type de bien et du taux DMTO local. Ces trois cas illustrent le calcul avec le barème d'émoluments 2026 ; pour affiner selon votre propre projet, le simulateur de frais de notaire intègre directement le taux de votre département.
| Scénario | Hypothèse | Calcul | Résultat |
|---|---|---|---|
| Cas A | 180 000 € en ancien, département à taux majoré (6,40 %) | DMTO 6,40 % + émoluments dégressifs + débours ≈ 1 000 € | ≈ 13 500 € |
| Cas B | 300 000 € en ancien, département à taux majoré (6,40 %) | DMTO 6,40 % + émoluments dégressifs (part relative plus faible) + débours | ≈ 21 900 € |
| Cas C | 250 000 € en VEFA (neuf), TVA déjà incluse au prix | Taxe de publicité foncière réduite + émoluments sur prix hors taxe | ≈ 6 250 € |
L'écart entre le cas A et le cas C illustre l'ampleur de la décote fiscale accordée au neuf : à budget de frais comparable, l'acheteur en VEFA peut viser un bien nettement plus cher. Ce paramètre pèse autant que le taux de crédit obtenu dans le calcul global du budget d'achat.

Ancien ou neuf : deux régimes fiscaux opposés
Dans l'ancien, les frais de notaire intègrent la totalité des DMTO au taux plein, ce qui explique la fourchette de 7 à 8 %. Dans le neuf ou en VEFA, le prix inclut déjà la TVA à 20 %, et la taxe de publicité foncière tombe à environ 0,715 %, d'où des frais ramenés à 2 à 3 %. Ce différentiel ne compense pas toujours l'écart de prix au mètre carré entre les deux marchés : pour arbitrer sereinement, mieux vaut comparer le budget réel entre un bien neuf et un bien ancien plutôt que de raisonner sur le seul taux de frais.
Le mobilier vendu avec le bien change aussi la donne. Lorsqu'un acte de vente distingue la valeur du mobilier (cuisine équipée, électroménager, dressing sur mesure) de celle de l'immeuble, seule la part immobilière supporte les DMTO. Un mobilier valorisé à 5 % du prix total, plafond généralement toléré par l'administration fiscale, réduit d'autant la base taxable.
Trois leviers pour alléger la note
Négocier une remise sur les émoluments reste le levier le plus direct au-delà de 150 000 € de tranche haute : certains offices notariaux accordent jusqu'à 20 % de réduction sur la part de leur rémunération dépassant ce seuil, une pratique encadrée mais peu spontanément proposée.
Isoler la valeur du mobilier dans le compromis, comme évoqué plus haut, constitue le deuxième levier ; il suppose un inventaire détaillé et des justificatifs (factures, estimation) pour résister à un contrôle fiscal éventuel.
Enfin, chiffrer précisément son budget avant même de faire une offre évite les mauvaises surprises au moment du rendez-vous chez le notaire. Un modèle de lettre pour chiffrer et cadrer une offre d'achat aide à intégrer les frais annexes dès la négociation du prix, plutôt que de les découvrir au dernier moment. Pour le volet financement, le calcul précis de vos frais de notaire se combine utilement avec une simulation de prêt immobilier, puisque les frais de notaire s'ajoutent en général à l'apport personnel plutôt qu'au montant emprunté.
Frais de notaire au fil de l’achat : de l’offre au rendez-vous de signature
Les frais de notaire ne se paient qu'une fois, à la signature de l'acte authentique, mais leur montant doit être anticipé bien avant. Dès l'offre d'achat acceptée, un acompte de 5 à 10 % du prix est généralement demandé lors de la signature du compromis ; connaître les délais et le droit de rétractation applicables à cette étape permet de sécuriser le calendrier avant d'engager les fonds. Le solde, frais de notaire compris, est réglé au notaire quelques jours avant le rendez-vous final, souvent via le déblocage du prêt.
Le taux de crédit immobilier obtenu influence directement la capacité à absorber ces frais annexes sans rogner sur l'apport : un écart de 0,3 point sur le taux modifie sensiblement les mensualités et plan de financement complet du projet. Comparer plusieurs offres de taux de crédit immobilier avant de s'engager reste le meilleur moyen de dégager la marge nécessaire pour couvrir les frais de notaire sans tension de trésorerie.
Pour aller plus loin
- Simulation de prêt immobilier : calculer les mensualités selon l'apport disponible une fois les frais de notaire déduits.
- Comparatif des taux de crédit immobilier : dégager la marge de manœuvre nécessaire pour couvrir les frais annexes.
- Délais et rétractation à la signature du compromis : sécuriser le calendrier avant de verser l'acompte.


