L’indice de référence des loyers s’établit à 146,60 au 1er trimestre 2026, une hausse plafonnée à 0,78 pour cent sur un an. Pour un loyer de 750 euros, la marge de révision légale tourne autour de 5,82 euros par mois, loin des flambées redoutées par les locataires. Le tableau trimestriel et les exemples chiffrés plus bas permettent de calculer la révision au centime près.
Cet indice publié par l’INSEE le 15 avril 2026 encadre la révision annuelle des loyers de résidence principale, dans le parc privé comme dans les locations meublées. Bailleur ou locataire, comprendre son fonctionnement évite les erreurs de calcul et les hausses contestables.
Ce que pèse vraiment l’IRL en 2026
L’indice de référence des loyers suit l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, lissée sur douze mois. Sa progression marque un net ralentissement par rapport aux pics de 2023, quand l’inflation poussait l’indice au-delà de 3,5 pour cent. À 0,78 pour cent au premier trimestre 2026, la hausse autorisée reste contenue, ce qui limite l’impact sur le budget des ménages locataires.
Ce plafond s’applique aux baux comportant une clause d’indexation. La trajectoire descendante des derniers trimestres traduit le reflux de l’inflation, après deux années de tension sur le pouvoir d’achat.
Le tableau de l’IRL trimestre par trimestre
Chaque trimestre, l’INSEE publie une nouvelle valeur de l’indice. La révision d’un bail se cale sur le trimestre de référence inscrit au contrat, souvent celui de la signature ou de la dernière révision. Voici les cinq derniers indices en métropole, avec leur date de publication officielle.
| Trimestre de référence | Valeur de l’IRL | Variation sur un an | Publication INSEE |
|---|---|---|---|
| 1er trimestre 2025 | 145,47 | +1,40 % | 15 avril 2025 |
| 2e trimestre 2025 | 146,68 | +1,04 % | 11 juillet 2025 |
| 3e trimestre 2025 | 145,77 | +0,87 % | 15 octobre 2025 |
| 4e trimestre 2025 | 145,78 | +0,79 % | 15 janvier 2026 |
| 1er trimestre 2026 | 146,60 | +0,78 % | 15 avril 2026 |
La formule officielle pour calculer la hausse
Le calcul d’une révision repose sur une formule fixée par la loi du 6 juillet 1989. Le nouveau loyer égale le loyer en cours multiplié par le nouvel IRL, divisé par l’IRL du même trimestre de l’année précédente, le résultat étant arrondi à deux décimales.
Prenons un loyer de 750 euros révisé sur l’IRL du premier trimestre. Le bailleur compare l’indice de 2026 (146,60) à celui de 2025 (145,47). Le calcul donne 750 multiplié par 146,60, divisé par 145,47, soit 755,82 euros. La hausse mensuelle atteint 5,82 euros, ce qui représente près de 70 euros sur une année pleine.
Pour un investisseur qui veut anticiper l’effet de cette indexation sur la performance de son bien, mesurer la rentabilité nette de la location reste l’étape la plus parlante, loyer révisé inclus.
Délais, clause de bail et cas qui bloquent la révision
La révision n’a rien d’automatique. Une clause d’indexation doit figurer dans le bail, sans quoi aucune hausse fondée sur l’IRL ne tient juridiquement. Le bailleur dispose ensuite d’un délai d’un an à partir de la date convenue pour appliquer l’augmentation. Passé ce terme, le droit à révision s’éteint et la hausse ne joue pas pour la période écoulée.
Un cas bloque toute révision : les passoires thermiques. Depuis le 24 août 2022 en métropole, un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique voit son loyer gelé, à la relocation comme en cours de bail, tant que des travaux ne l’ont pas fait remonter d’au moins une classe.
IRL et stratégie patrimoniale : un signal à intégrer
Pour un propriétaire, un IRL faible signifie un revenu locatif qui suit à peine l’inflation. Cette donnée pèse au moment d’arbitrer entre conserver un bien, le vendre ou en acquérir un nouveau. Le rendement réel d’une location dépend autant du prix d’achat et des charges que de la marge d’indexation annuelle, désormais réduite.
Avant de viser un investissement locatif, croiser l’indexation attendue avec le prix d’entrée du marché donne une vision réaliste. Pour un secteur précis comme le Nord, analyser le marché locatif de Dunkerque éclaire le rapport entre loyer encadré et prix d’achat encore mesuré.
